Escroquerie des terrains de Yoff. L'Europe se fâche et ne veut plus casquer

Les bailleurs de fonds mettent leur nez dans le caca gouvernemental ! Il était temps. Ils trouvent même que la mendicité du Sénégal est "indécente" devant ce genre de bradage douteux. Le Sénégal est en train de perdre son vernis de crédibilité.

Lire l'article précédent sur Tak

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Conséquence du bradage des terres de l'aéroport : L'union européenne punit le Sénégal

En cédant les terres de l'aéroport à un prix symbolique à un promoteur douteux, le gouvernement ne s'attendait pas à ce que les partenaires techniques et financiers, les fameux bailleurs de fonds, n'en fassent une question de gouvernance et bloquent leur argent pour exiger des éclaircissements.

Par Mohamed GUEYE - Le Quotidien

http://www.bdvilles.ird.fr/cvd/stagiaires/diop/dakar/Yoff.jpgLes terres bradées de l'aéroport vont très rapidement, mettre les finances publiques du pays dans une situation difficile. Les bailleurs de fonds du Sénégal, membres de l'Arrangement cadre pour l'appui budgétaire (Acab), ont commencé à prendre des mesures de coercition, pour voir plus clair dans la situation en question. Et si ces partenaires ne sont pas satisfaits des explications qu'il leur sera donné ce sont environ 60 milliards de francs Cfa d'appui budgétaire qui risquent de ne pas entrer dans le Trésor public, à moyen terme.

Déjà, Le Quotidien a appris que la Commission européenne a informé le Sénégal que près de 15 milliards de francs Cfa qui devaient être versés ce mois-ci, ne le seront pas tant que le gouvernement n'aura pas fourni d'explications claires et convaincantes sur le schéma mis en place pour vendre les terres déclassées du site de l'aéroport de Dakar. Et selon les informations recueillies auprès d'autres sources, le gouvernement des Pays-Bas devrait suivre les pas de l'Union européenne, et serrer la vis sur un appui de plus de 14 milliards de francs Cfa, qui devaient être débloqués dans la semaine. Le motif de cette sanction ? Les Occidentaux ne comprennent pas que l'Etat du Sénégal brade à vil prix des terres qui auraient pu lui rapporter, au bas mot, 75 milliards de francs Cfa au prix actuel de l'hectare aux Almadies.

Le Quotidien avait, en révélant cette affaire, dans son édition n°1662, du 23 juillet 2008, expliqué que l'accord passé entre le promoteur Mbackiyou Faye et l'Etat, visait à trouver les 11 milliards de francs Cfa nécessaires au désintéressement des entrepreneurs Nord-Coréens qui construisent le « Monument de la renaissance africaine » (Lire mon article sur cette merde couteuse).

Mais, il faut croire que les partenaires techniques et financiers, eux, n'ont pas trouvé ces raisons valables. Selon des sources du Ministère de l'Economie et des finances, un diplomate hollandais n'a pas hésité à affirmer qu'il trouvait « indécent » que le Sénégal sollicite un appui d'une vingtaine de milliards, au moment où il brade un patrimoine susceptible de lui rapporter trois fois plus. Et que, déjà, les menaces que l'ambassadeur Johannes W. Gunivortus Jansing, avaient laissées entendre qu'un petit dérapage ne sera pas toléré au Sénégal. L'ambassadeur, à l'occasion de la signature d'un appui de 6,5 milliards de francs, à la fin de l'année dernière, avait clairement souligné que « la gouvernance financière et la gestion budgétaire au Sénégal, ont affaibli la base essentielle à tout programme d'appui budgétaire ». Il avait rappelé que son pays, tout comme les autres partenaires de l'Acab, subordonné toute poursuite de son appui budgétaire à la conclusion favorable de la revue de l'Ispe avec le Fmi.

La dernière revue ayant été plus que concluante, quand le scandale des terres de l'aéroport a pris de l'ampleur, les Ptf se sont tournés vers le représentant du Fmi pour avoir son avis sur les implications financières de l'affaire. Mais, comme il l'a dit dans Wal Fadjri, Alex Segura du Fmi a déclaré n'avoir aucune expertise sur les questions foncières, et les a renvoyées auprès de la Banque mondiale. Or, selon les informations recueillies par Le Quotidien, la Banque mondiale n'a pu donner la garantie que les opérations foncières opérées par les pouvoirs publics sénégalais se déroulaient dans la transparence requise. Conséquence, les décaissements qui devaient tomber de la part de l'Europe sont bloqués, et d'autres vont bientôt suivre. Il se dit même que, la Banque mondiale qui n'a pu donner la garantie nécessaire qui aurait permis le déblocage des finances des autres partenaires, ne pourrait que suivre la voie tracée par la Commission européenne. Les 60 millions de dollars américains d'appui budgétaire, qui devaient être accordés dans une quinzaine de jours sont donc fortement hypothéqués. Ce qui ferait alors 60 milliards de francs Cfa sur lesquels le Trésor public devrait faire une croix.

Et au ministère des Finances, cette perspective inquiète sérieusement, même si personne n'ose le clamer à haute voix. Mais, les gens rappellent sous le couvert de l'anonymat, que l'Autriche a arrêté aussi son assistance budgétaire. Et de dire que même si l'aide de ce pays ne pèse pas lourd sur la balance, son arrêt est un mauvais signal donné à la communauté des bailleurs de fonds. Mais, ce n'est pas que le Sénégal qui se trouve mal à l'aise dans cette histoire de suspension de l'aide. Le Délégué à la Commission européenne étant absent du pays, Le Quotidien n'a pu avoir une déclaration officielle de la représentation de Dakar sur les raisons de la sortie épistolaire de la Commission. Les fonctionnaires approchés n'ont voulu ni infirmer ni confirmer l'information, certains ayant même tenté de la nier, comme s'ils ne voulaient pas qu'elle soit divulguée. La personne qui a accepté de parler a juste reconnu que la Commission attendait « des éclaircissements » sur cette question des terres de l'aéroport. Mais, pour elle, « il n'y a pas suspension de l'aide budgétaire », le processus de déblocage étant assez complexe. C'est auprès des services de la Primature que Le Quotidien a obtenu confirmation de ladite correspondance, ainsi que de son contenu. Et à ce niveau non plus, on ne se voile pas la face pour déclarer que cette nouvelle tombe à un moment difficile pour les finances de l'Etat. « Le Tableau des opérations financières de l'Etat est très tendu déjà. Si les soutiens attendus de nos partenaires ne viennent pas, on risque d'aller vers des mois difficiles. » A leur niveau, ces fonctionnaires réalisent qu'en bradant les terres de l'aéroport, le gouvernement aura fait perdre au Sénégal plus que quelques milliards. Mais surtout, sa crédibilité.

mgueye@lequotidien.sn

lequotidien


Il faut relativiser...

Il est constant d'observer que depuis plusieurs mois, "les hautes autorités sénégalaises" se tournent de plus en plus vers d'autres pays: Moyen Orient, Inde, Chine, Japon etc...

Il y a encore du "grain à moudre" de ce coté là.

Bien moins regardants que les européens, considérés comme les "exploiteurs" séculaires de l'Afrique.


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