"Saly l'allumeuse" et ses mariages mixtes, ou la connerie récurrente de certains scribouillards

Ici c'est Sénégal. Gag.

http://lh5.ggpht.com/pukkap/SATi7OMoxWI/AAAAAAAAGlU/9D_uLP-46VM/s800/black%20muscle%20stud%20beach.jpgOui, c'est récurrent. Chaque année, nous avons droit à un article sur Saly, la Las Vegas du sexe (lire), l'Eldorado des pervers, et autres bêtises aguicheuses. En général, ce sont des articles bouche trou rédigés à la hâte lorsque le journal n'a pas grand chose à mettre sous l'œil des lecteurs. Alors, on ressort des articles "sexuels" sur Saly, avec des tonnes de poncifs, des charettes d'idées reçues et des brouettes de fautes de Français.

Ca y est ! Voici le premier de l'année 2009. Du gâteau. Lisez déjà l'introduction de l'article: le style ampoulé bourré de mots pseudo-savants incompréhensibles vaut son pesant de cacahouètes. J'ai seulement mis des astérisques (*) là où j'ai relevé des perles comme "la route en lacets qui serpente de Dakar à Mbour"! Dans le corps de l'article, il y a bien quelques témoignages intéressants mais à part ça...

J'ai l'impression que le journaleux (qui n'a pas osé signer ce chef d'œuvre) va se voir décerner le Prix Pullitzer et le Prix du Nouveau roman !

Pour lire l'article entier, cliquez sur "lire la suite"...
Mesdames, pour changer, j'ai mis une photo de mec posant avantageusement, comme on en rencontre des centaines sur les plages de Saly (lol).

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Mariages mixtes au Sénégal.
Amours, drames et mélodrame.
En virée avec* Saly-l’allumeuse :
«l’Eldorado du sexe»

Article Xalima du dimanche 26 avril 2009

Le ruban noir, long de 70 bornes, qui serpente de Dakar à Mbour déroule indéfiniment ses lacets*. Au croisement de Mbour-Saly Portudal, un soleil estival profite de ses éclats* pour chauffer le coin. Mbour-l’allumeuse ne s’assagit pas, ne s’assoupit jamais. Le décor de la cité délurée déroule des ombres bronzées*, des autochtones complexés*, des toubabs surexcités, portés par le vent du plaisir exotique, de jeunes filles aux rêves préconçus* et de jeunes hommes aux dessins bodybuildés*. Le patelin, pris dans le tourbillon de son effervescence caricaturale*, cultive ostentatoirement son côté obscène. A Mbour, la « croisière » s’amuse plus que d’habitude ! Les belles villas bigarrées animent la route* et se prolongent jusqu’aux rivages de la mer. Une sorte de Riviera où l’extravagance tapante* détonne avec un cadre aux régénérations précaires*. La petite côte se développe, grandit voluptueusement, laisse pousser bâtisses sur bâtisses et prend des allures d’ailleurs, avec ses masques grossissants* qui singent Louga-la modou-modou. Toujours à l’heure des jouissances indécentes, Mbour, cité extravertie, se pare de toute sa sensualité pour charmer son monde de débauche, toubabs aux petits goûts* et étrangers aux agréments suspects. Quel est le deal ? L’envers du décor de cette station balnéaire aux excentricités légendaires ?

L’écriteau imagé « l’Eldorado du sexe » aurait pu souhaiter la bienvenue aux âmes sensuelles, en exil calculé. Mbour s’est muée inexorablement en une cité « aux délices béates ». Le coin a gagné, depuis, ses galons de sulfureuse retraite, carte postale délirante aux couleurs illusionnées. La réputation de Mbour-Saly-Portudal s’en est trouvée écornée. Derrière le beau décor, les sourires de façade, les langues se délient et le peuple de Mbour rouvre les yeux sur le « spectacle » dégradant ? Babacar Sy, directeur de l’exploitation de la Société d’aménagement de la petite côte (Sapco) : « Le tourisme sexuel ternit l’image de cette belle cité qui n’est pas loin des grandes villes touristiques du monde sur les plans structural et architectural. » Son constat est celui d’un entrepreneur qui porte un regard détaché sur sa cité : « Les problèmes entre couples sont récurrents mais c’est soit la gendarmerie, soit la justice qui s’occupe de ce genre de dossiers. »

Dans cette localité au train de vie suspicieux, personne n’ignore que ces couples en noir et blanc ne sont que le reflet d’un commerce sexuel aux relents dépravants. Un élément de la brigade spéciale de Saly : « Très souvent, des couples viennent exposer des différends dus à des incompréhensions. Mais nous privilégions le dialogue pour les réconcilier. A défaut, on les renvoie devant la justice. Le problème de ces couples est compliqué. Vous ne pouvez pas savoir qui a tort ou, qui a raison. »

Le cliché raccord, de vieux touristes Européens courtisant des jeunes filles et garçons mbourois ayant l’âge de leurs petits-fils, est une réalité qui fait partie de l’imaginaire de Saly. Ces occidentaux débarquent à Saly par milliers avec leurs euros, bien ou mal acquis, pour satisfaire leurs vices et caprices et jouir de leur supposé confort pour tromper un peuple floué par le mythe du blanc. Le rapport est pathétique, les désillusions maquillées. Mais ces touristes en quête de sensations fortes viennent le plus souvent avec de mauvais sentiments, des envies d’évasion exotique derrière les sourires de façade. Et dans leur esprit, une seule idée : vivre pleinement le sexe.

Hommes ou femmes, il est facile pour ce genre de touristes ,friands d’obscénités, de laisser libre cours à tous leurs vices d’occidentaux. Car à Saly, sur la Petite Côte, comme presque partout au Sénégal, ce sont garçons et filles qui viennent à la rencontre de ces toubabs. Une cour de mixité qui fait qu’en « haute saison » (Décembre-Janvier-Février-Mars), période pendant laquelle les touristes pullulent à Saly, l’enchère monte autour de cette pratique d’un autre nom et chose malheureuse, ces adolescents n’ont d’yeux que pour la bourse des Européens. Jacques Ibrahima Sy, superviseur à l’agence de gardiennage « Sécurité Plus » : « Pendant cette période, un Sénégalais n’a aucune chance d’avoir une fille, ne serait-ce que pour une brindille de discussion. »

SERIES NOIRES

Les filles concourent pour s’approcher de ces touristes et n’ont d’yeux que pour les « Ngeew » (Blancs) qui, à leur tour, en profitent pour s’en donner à cœur joie. Sur la plage, il est courant de voir de jeunes garçons de moins de 30 ans suer en plein soleil à la recherche d’une forte musculature, d’un physique de déménageur, afin d’attirer de vieilles Toubabs dont l’âge avoisine les 70 ans, couchées sur le sable, seins nus. Ces dames d’une autre civilisation paient souvent cher leur « entretien », à coups de milliers d’euros. En général, ces jeunes exigent un véhicule, une maison pour leurs parents et d’autres charges d’« entretien » et de « survie ». La plupart des vieilles ou vieux Toubabs qui acceptent le principe, en subissent les conséquences désastreuses avec souvent la perte de tous leurs biens.

En 2005, une histoire tragique est restée dans la mémoire des inconditionnels de Saly. Une Française de 65 ans, ayant vendu tous ses biens en France, était venue s’y installer. Elle ne recevait dans son lit que de jeunes garçons. Ruinée, elle avait fini par se suicider en absorbant une quantité importante de « Baygon » (substance nocive utilisée contre les insectes et autres souris) dans un hôtel de Dakar. Autre drame passionnel : cette vieille toubab, tuée et enterrée dans sa propre maison, dans le domaine de Nianing, au sortir de Mbour, par son gardien et…concubin.

Derrière ses parures paradisiaques, la Petite Côte regorge de mélodrames, des drames et de tragédies avec comme trame les unions mixtes atypiques qui y sont scellées.

Liliane, 53 ans, a vécu elle aussi une histoire assez déroutante. Sac au dos, peau ridée suppliciée par le stress, la toubab d’origine française fuit les nombreuses sollicitations, comme si elle s’en voulait à elle-même d’avoir plongé dans ce cercle vicieux. On l’interpelle et elle soupire tendrement, rassurée que ce ne soit pas une énième interpellation intéressée d’un jeune Sénégalais à la recherche d’une compagne Toubab. La dame s’arrête, redresse la tête, pousse un long soupir qui informe sur son chagrin et dit : « Ecoutez, je n’avais plus envie de parler de cela (…) Bon, j’ai été mariée à un jeune Sénégalais de 33 ans, originaire de Thiès. » Son nom ? « Bouba. Mais actuellement, je suis seule dans ma villa où l’on vivait ensemble. Je l’ai chassé. Mais il a fallu que la justice s’en mêle. » Liliane dégonfle la bulle et concède que Bouba a quitté la demeure et qu’en contrepartie, elle lui a versé de l’argent et une partie de ses biens : « Parce que nous avions signé le « bien commun » au mariage », explique-t-elle.

L’histoire de Liliane n’est pas loin de celle de ce jeune Gambien, « originaire de Rufisque » vivant à Saly depuis deux ans. Mais les rôles ont changé dans ce monde si ténu. Mohamed Sèye, 25 ans, l’air pensif, visage boutonneux, sourire innocent, redresse son bonnet de couleurs vert-jaune-rouge et narre son cauchemar. « Je vivais tranquillement à Banjul avec une Suédoise du nom de Maryse âgée de 40 ans (donc 15 ans de plus que lui). Mais arrivés à Saly, nos problèmes ont commencé. Pourtant en Gambie, on s’entendait très bien », raconte Mohamed, nostalgique. Il ajoute : « Elle voulait m’amener en Suède, mais c’est son entourage qui l’en a dissuadée. Pourtant tout était ficelé. » Aujourd’hui, le seul rêve qui peuple les nuits du malheureux Mohamed est de « voir un jour (sa) Toubab revenir au Sénégal avec le même amour qu’elle (lui) vouait. » Ou d’en trouver une autre.

EN BAS L’AGE, VIVE LA VIE

Autre « conte », un autre jeune plus chanceux : Boubacar Badji, 38 ans, domicilié à Guédiawaye (Dakar), originaire de Ziguinchor. « Chauffeur de taxi » dans le civil, il vit le « parfait amour » avec Marie Thérèze Nolin, 50 ans « Présidente de l’Association Humanitaire Enfance-Horizon-Sénégal, créée en 1997 », avec qui il s’est marié en février dernier. Le couple partage son temps entre la Résidence Safari à Saly, achetée par la dame et la maison à Guédiawaye où elle a ouvert une école qui porte son nom « l’Institut Marie Thérèze Nolin ». Sur leurs retrouvailles, la désormais Mme Badji, assise à côté de son mari, un sac noir en cuir sur ses cuisses de « madeleine », raconte son idylle de mémé. « En m’étant installée à Saly pour mes vacances, j’ai rencontré Babacar en juillet 2003, alors que je viens au Sénégal depuis 1997. Jusque-là, je n’avais jamais trouvé un Sénégalais qui m’intéressait, et je ne venais pas pour ça d’ailleurs », précise-t-elle comme pour se disculper. Elle fixe du regard son jeunot de mari et continue : « J’ai fait la connaissance de Babacar par l’intermédiaire de mon fils Benjamin qui m’a dit qu’il avait rencontré quelqu’un de sérieux et qu’il voulait l’inviter à dîner à la maison. Donc, je l’ai connu en juillet 2003, mais on n’est pas sortis ensemble aussitôt. On a sympathisé, j’ai appris à le connaître. C’est quelqu’un de très, très sérieux, droit et brave. Bon, je suis tombée amoureuse de lui ! On n’a pas voulu se marier aussitôt pour ne pas précipiter les choses. On a pris le temps de se connaître suffisamment avant d’officialiser les choses avec le consentement de mes parents et des siens. Mes enfants aussi, dont Benjamin qui l’a amené à la maison, ont donné un avis favorable à notre union. »

Marie-Thérèse marque une petite pause avant de poursuivre son « apologie » : « Comme Saly n’a pas une bonne réputation, il tenait à ce qu’on se marie d’abord religieusement, ce qu’on a fait ici à la mosquée en janvier 2006. Ensuite est venu le mariage légal que le consulat de France a accepté. » Mais la dame qui semble jubiler pour avoir atteint son objectif de se procurer un jeunot comme mari s’empresse d’ajouter que ce qu’elle attend maintenant et dans les plus brefs délais, c’est « que Babacar puisse (la) rejoindre en France. Parce que je ne peux pas m’installer pour le moment au Sénégal. Il faut que je travaille encore. »

Sur la caricature que les gens font de Saly, Marie Thérèse n’en finit pas de faire sa plaidoirie : « On lit beaucoup de choses qui ne sont pas bien sûr le tourisme à Saly. Moi, ça m’agace parce qu’il faut dire qu’il y a beaucoup de personnes qui viennent là où je loge à la résidence Safari pour passer leurs vacances tranquillement au Sénégal, juste parce qu’elles aiment ce pays. »

Marie-Thérèse chuchote quelques autres révélations à caractère dissuasif. Elle se fait une « mère Térésa » : « En dehors de Babacar que j’aime et que je n’hésite pas à aider, il y a aussi mon jardinier que j’ai aidé à construire sa maison, mon poissonnier, que mes amis (es) et moi, avons aidé à acheter une mobylette et notre pisciniste, on lui a acheté un vélo. Donc, il faut savoir qu’il y a aussi des gens qui viennent à Saly par amour du Sénégal. » Et quoi encore ?

La bonne dame fait aussi une petite digression sur Le guide du Routard, ce livre-guide pour les touristes, qui a fait de vives critiques sur le comportement des vieilles appelées « les Madeleines » et de vieux touristes européens à la recherche de jeunes garçons appelés « les Doudou » ou de jeunes filles (« les Fatou ») pour refaire leur vie à Saly : « Mes ami(es) et moi étions prêts même à faire une pétition en février dernier à l’occasion de mon mariage contre Le guide du routard . » Selon la dame, « ce guide saccage complètement la réputation de Saly en disant que les vieilles femmes européennes viennent ici pour se taper un jeune et inversement. » Le Routard a-t-il dévié du chemin de la vérité ? « C’est peut-être vrai, ça existe à Saly, mais ce n’est pas la majorité », avoue-t-elle.

Le guide du routard, légendaire collection française de guides touristiques, fondé en avril 1973 par Michel Duval et Philippe Gloaguen, a crayonné de sévères portraits de « vieilles dames européennes qui se rendraient à Saly uniquement pour se procurer un « Doudou ». L’article, paru pour la première fois le mercredi 7 décembre 2005, a mis la plume là où ça grince : « Tourisme et perversion à Saly Portudal : quand les vieilles « Madeleines » passent du bon temps avec les jeunes ’’Doudou’’. »

Quid alors de sa différence d’âge avec son époux Babacar, qui revendique douze ans de moins qu’elle et une amitié avec son fils , Benjamin ? « Cela ne pose pas problème ! Babacar est un homme très mûr et puis je pense, que quand on se comprend bien, on fait des concessions de chaque côté. On ne sent pas la différence d’âge, car je suis certes plus âgée que lui, mais je suis jeune de caractère, j’aime m’amuser même si je suis sérieuse. » Son jeune mari remet ses « dreadlocks » en place et renvoie tendrement l’ascenseur. Son témoignage est une ode à l’amour sincère : « J’aime Marie-Thérèse comme elle m’aime aussi. Cela fait quatre ans qu’on vit ensemble et l’on vit le parfait amour d’un couple normal. Je ne regrette pas de l’avoir épousée, parce que je la considère comme une femme qui a mon âge. Je ne sens pas du tout la différence d’âge. C’est donc l’amour, et pas la tricherie, et c’est important. »

Il convoque la religion musulmane : « Le Prophète Mohamed (Psl) qui avait pris comme épouse Khadija, plus âgée de 7 ans que lui. » « Aussi, se justifie toujours Babacar, il faut dire que des fois, ce sont les situations qui facilitent ces genres de mariages. J’ai trouvé Marie-Thérèse dans des situations très difficiles, de stress. Sa vie n’était pas rose. J’ai voulu l’aider comme elle cherche à le faire actuellement pour moi. »

Des enfants seraient-ils dans les projets du couple ? « J’ai deux filles avec une femme sénégalaise que je n’ai pas mariée. Marie-Thérèse aussi a ses deux fils issus de son premier mariage », révèle Babacar. Et pourquoi le couple ne vit-il pas chez Babacar à Guédiawaye ? « Parce que je vis dans une famille pauvre à Guédiawaye où les conditions pour elle ne sont pas réunies. Non seulement, il y a la promiscuité, mais il y a aussi l’insécurité. »

LES AVENTURES AMBIGUES

Babacar Badji devrait donner un peu de sa « baraka » à son cousin, assis sur une chaise et écoutant religieusement les élégies du couple. Matar Kabo, 23 ans, d’ethnie Baynouk, originaire de Niamoye en Casamance, rappeur à ses heures creuses, yeux hagards comme s’il était victime d’un surmenage, est encore un chasseur bredouille. Ses confidences s’échappent d’un débit inconstant qui semble dire qu’il ne fumerait pas que du tabac : « Moi, je ne rêve que d’une Toubab. Il faut que je trouve une Toubab qui puisse me donner des enfants que je nommerai Mame Cheikh Ibra Fall et Sérigne Fallou. Je veux aller faire du maraîchage en Casamance, mais je n’ai pas les moyens. C’est pourquoi il faut que je trouve une Toubab riche qui puisse m’aider à réaliser ce rêve. » Le comble du désespoir ? Ce jeune rappeur raté, « trahi par une jeune Française, médecin de son état, Charlotte, 26 ans qui était en vacances à Saly, il y a deux ans », ne souhaite pas trouver une femme parmi les jeunes filles sénégalaises qu’il qualifie de « matérialistes ». Son amertume est sidérant, éloquent aussi : « Les filles sénégalaises sont matérialistes, elles ne rêvent que de ceux qui conduisent des voitures 4x4 ou des Hummer , contrairement aux jeunes filles Toubabs qui peuvent aimer n’importe quel pauvre des ghettos les plus dégueulasses, affirme-t-il. Sa preuve : « Ma fiancée qui est rentrée en France est médecin. Elle voulait m’emmener, mais l’Ambassade m’a refusé le visa. » Rêve brisé, élan arrêté, le jeune Matar se résigne à accuser son sort peu envieux. Il dit : « C’est la conjoncture qui est à l’origine de tout cela. On n’a pas le choix. Il vaut mieux aller à l’étranger pour échapper à cette misère, même s’il faut prendre les pirogues de fortune ou se marier à une vieille Toubab, l’essentiel est de trouver le moyen de sortir de cette galère. » Parole d’un désœuvré ou sentiment de déception ?

Le discours de Matar semble irriter Léa Ndecky, qui dit officier comme masseuse à Saly. La beauté de 24 ans, teint clair, originaire de Dakar, fustige cette « attitude des jeunes filles et garçons qui passent tout leur temps à errer à Saly à la recherche de Toubab ». Pour cette masseuse dont les clients sont en majorité des Toubabs, « ces jeunes sont oisifs et sans vergogne ». Celle, qui dit avoir « un copain sénégalais résident à Dakar qu’elle respecte beaucoup », déblatère de sa hargne de fille à la silhouette effilée : « Ils devraient plutôt chercher du travail et gagner honnêtement leur vie, au lieu de traîner ici à longueur de journée derrière les Toubabs. »

July Lehir est en phase avec Léa. La blonde de 25 piges, étalée sur la plage de Saly en maillot de bain bariolé, travaille dans les transports et les logistiques en France. Elle prône « le brassage culturel, mais déteste cette manière paresseuse des jeunes Sénégalais de se chercher une compagne. » La fille, qui vient au Sénégal en vacances depuis quatre ans, vit à la Résidence Plein Sud. Elle prévient : « Ceux qui cherchent à me draguer perdent leur temps car, même en France, cela ne m’intéresse pas. Je me demande même si je vais me marier. Je préfère faire comme Ségolène Royale * »

A Saly, ils sont nombreux, comme Matar, filles ou garçons, à ne pas prêter oreille aux persiflages ou jérémiades des tenants de la ligne prude. Chez les filles, la haute saison, moment propice au mariage avec les Toubabs, est une sorte de « traite ». Ces filles sont le plus souvent des prostituées, issues des familles pauvres, ou des domestiques issues du milieu rural qui finissent par se marier à leurs patrons. Des jeunes filles et garçons venus des centres urbains (Mbour, Dakar, Thiès, Ziguinchor, Tambacounda) ainsi que les employés d’hôtels sympathisent aussi avec les Toubabs et peuvent finir par les marier. Ibrahima Jacques Sy, superviseur de société de gardiennage trouvé dans un hôtel, raconte : « Un employé de cet hôtel a récemment quitté pour aller vivre avec une vieille suédoise qui logeait ici. Actuellement, la dame a acheté une villa à la « Résidence la Téranga » où ils vivent ensemble. »

Comme des éclairs dans la grisaille mixte, certaines de ces unions réussissent. C’est le cas du couple propriétaire de l’Hôtel Bar Restaurant « Les Flamboyants », Yannick, la cinquantaine, et Fatou Diédhiou dite Katy, la trentaine. Fatou, qui travaillait comme animatrice dans un hôtel à Saly, a été attirée par ce Toubab aux binocles. Associé en affaires, le couple filerait le parfait amour, mais revendique une bonne discrétion sur leur union : « Nous ne voulons pas trop parler à la presse. Nous préférons rester dans l’anonymat », dit-il. Le mari « sénégalisé » s’occupe de la gestion administrative et la femme « bretonnisée », aidée par quelques employés, s’occupe du restaurant. Un exemple de couple mixte qui parvient à « dialoguer racine contre racine ». Un cas heureux.

Souvent, les filles ou garçons sénégalais ont tendance à perdre les valeurs culturelles et versent facilement dans la perversion. Des filles sénégalaises, qui fricotent avec les Toubabs, s’adonnent pour la plupart à la consommation de tabac, d’alcool ou de drogue. Les Toubabs, victimes de déception, ont aussi tendance à se clochardiser ou se suicider. Ils finissent par vendre tous leurs biens pour avoir été « sucés jusqu’au sang » par leurs liens avec des jeunes Sénégalais ou Sénégalaises.

La Petite Côte attire aussi les homosexuels qui débarquent très nombreux dans la cité balnéaire et contribuent à pervertir beaucoup de jeunes autochtones, appâtés à coups de billets d’euros. Un grand homosexuel, très connu à Saly, a souvent ce mot à la bouche : « A Saly, il suffit juste de payer une bouteille de vin rosé pour avoir un partenaire dans son lit ». A Saly, vouloir, c’est avoir !

*La candidate malheureuse socialiste à la dernière présidentielle en France a vécu en concubinage pendant 20 ans avec François Hollande, l’ancien Premier secrétaire du Ps.

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STATISTIQUES : mariages peu ou pas déclarés

Officieusement, ils sont nombreux. Officiellement, on en décompte peu. Aux mairies de Mbour et de Nguékokh, localités où les mariages entre Toubabs et jeunes garçons ou filles sénégalaises sont monnaie courante, les états civils fournissent des chiffres peu prolixes. Balla Sy, officier de l’état civil et adjoint au maire de Nguékokh d’où dépend Saly, confie que « seuls trois à cinq mariages sont déclarés à la mairie chaque année ».

A la mairie de Mbour, Pape Diatta, le préposé aux actes de mariage depuis 1970 qui a passé le relais à un jeune, Jean Noël Diouf, avance pratiquement le même chiffre : « 3 à 10 mariages par année. »

Pourquoi ces statistiques si dérisoires au moment où les couples mixtes foisonnent à Mbour et à Saly ? « Il y a beaucoup de couples mixtes dans le milieu, mais ils sont peu ou pas déclarés, décrypte Pape Diatta. Si les concernés ne vivent pas en concubinage, ils se contentent de se marier dans les mosquées. » Pour preuve, sur le tableau d’affichage de la mairie de Mbour, un seul avis de publication de mariage mixte y est. On peut lire : « Monsieur le Maire de Mbour est prié de faire la publication de mariage célébré à la mairie de la Commune, entre : monsieur Pierre Jean Arthur Joseph Corneille Defays, né le 09 février 1953, profession : employé industriel, domicilié aux 1020, Avenues Houba de Strooper, 27, fils de Geneviève Alphonsine Henriette Cornelie Dupont, sans profession et madame Fatou Seck, née le 11 mai 1981 à Mbour Sérère Kao, fille de Moustapha Seck et de Mariama Diouf. »

En tout état de cause, cette tendance n’est pas sans conséquences, parfois dramatiques. L’histoire de ce Toubab qui, après s’être « offert » plusieurs jeunes Sénégalaises, avait publié sur le Net un témoignage à la fois poignant et révoltant : il avait révélé qu’à Dakar, logé dans un hôtel de la place, il a eu « des rapports sexuels non protégés avec plusieurs jeunes filles Sénégalaises, moyennant des billets de banque, alors qu’il était séropositif ». Son acte « criminel » était inspiré, disait-il, par le fait que c’est une Sénégalaise qui lui avait transmis le virus. Il cherchait donc à se venger, alors qu’il disait avoir les moyens de se soigner, ce qu’il faisait, du reste, à l’Hôpital de Neuilly en France.

Si le choix du mariage mixte est donc « économique », avant d’être « sentimental », les conséquences ne peuvent qu’être sociologiquement dévastatrices. Haro !

 


Bientôt, reportage M6 sur les escroqueries sentimentales

Sénégal, destination du tourisme sexuel pour les femmes

Le magazine "66 minutes "proposera le mercredi 6 mai un reportage sur le boom du "tourisme de l'amour" chez les femmes. Un document de Sophie Le Gall.

C'est un phénomène en plein essor : dans les stations balnéaires proches de Dakar, on enregistre de plus en plus de mariages mixtes, des Françaises qui épousent des Sénégalais. Souvent, les jeunes mariées ont en fait la cinquantaine et leur mari 25 ans seulement... Car depuis quelques années, la "petite côte" est devenue une destination privilégiée du "tourisme de l'amour", pour des femmes d'âge mûr esseulées. Sur la plage, de jeunes éphèbes les abordent de façon très directe, attirés avant tout par le pouvoir d'achat de ces touristes en mal d'affection. Même si l'on ne parle pas d'argent de façon explicite, même si les Françaises veulent souvent croire au coup de foudre, ces flirts sous les cocotiers s'apparentent à ce qu'il faut bien appeler de la prostitution masculine. En jeu, il y aussi l'espoir pour les jeunes gens d'obtenir des papiers pour venir en France. Et pourtant, de retour en France, les vacancières sous le charme continuent à se persuader qu'elles ont rencontré le grand amour, avec lequel elles entretiennent une correspondance soutenue. Comment se terminent ces idylles nouées sur le sable chaud ?

Crédit photo © capture d'écran / M6.


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