Procès Tigo. L'Etat baigne dans le caca de sa tentative de racket

Sentel et Millicom (tigo) gagnent peut-être de l'argent, mais ils en ont aussi dépensé beaucoup. L'Etat du Sénégal veut reprendre la licence au bout de dix ans alors que les preuves sont données que Tigo a bien une license jusqu'en 2018.

Mais l'Etat veut 100 milliards de plus, comme ça, rien qu'en remuant les lèvres. On sait qu'au Sénégal, les papiers ne valent rien, mais à un certain niveau, ça passe plus difficilement. Il y a des juridictions internationales. Investissez, investissez... On essayera toujours de vous baiser.

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Procès Etat du Sénégal/Tigo aujourd’hui Sentel répond à Aziz Sow et brandit ses preuves

Article Par SERIGNE SALIOU SAMB, lorservateur.sn - Paru le Jeudi 20 Nov 2008

C’est aujourd’hui que l’Etat du Sénégal et la Sentel se retrouvent devant le tribunal régional de Dakar, pour vider leur contentieux consécutif au retrait de la licence de la multinationale de télécommunication par le gouvernement. Les avocats de l’Etat épaulés par des robes noires françaises devront batailler ferme contre leurs confrères qui défendent les intérêts de Millicom. Car, c’est un secret de polichinelle, Tigo est une marque internationale qui secrète des milliards, au profit de gros bonnets éparpillés dans les quatre coins du monde. D’ailleurs, à la veille de ce procès historique, Millicom a publié un communiqué dans lequel il brandit ses preuves contre l’Etat du Sénégal.

En affirmant sans coup férir devant l’Assemblée nationale que le gouvernement avait l’intention de soutirer 100 milliards de francs à la Sentel, Aziz Sow ne savait sans doute pas que la puissante multinationale de télécommunication allait lui balancer une réponse somme toute « diplomatique » mais proportionnelle aux « attaques » formulées contre elle. Dans la réponse de Mlillicom, on peut lire : «suite aux différents communiqués parus dans les journaux de la place et à la communication de M. Abdoul Aziz Sow, Ministre de l’Information, des Télécommunications, des TIC, du NEPAD et des Relations avec les Institutions devant les honorables députés de l’Assemblée Nationale, sur le différend nous opposant à l’Etat du Sénégal, Millicom International Cellular et sa filiale Sentel GSM entendent apporter des précisions suivantes ». Poursuivant, ledit communiqué rappelle que, « lorsque le 03 juillet 1998, Millicom International Cellular et sa filiale Sentel GSM ont acquis la deuxième licence de téléphonie mobile au Sénégal, ce fut à la suite d’un appel d’offres transparent mettant en compétition des opérateurs mondiaux de téléphonie ; cela dans un contexte mondial où l’acquisition d’une licence ne faisait pas l’objet d’un ticket d’entrée ». Une façon pour la multinationale d’affirmer qu’elle n’a pas « triché » avec le gré à gré, pour obtenir sa licence. Et comme pour mettre en garde le gouvernement, Millicom International Cellular et sa filiale Sentel GSM soutiennent disposer de tous les documents relatifs à cette concession de licence, et justifiant sur le plan juridique leur opération au Sénégal, pour une concession de vingt ans.

Preuves à l’appui

Ayant fourbi ses armes depuis longtemps, Millicom brandit ses preuves en affirmant qu’avec l’avènement d’un nouveau gouvernement au Sénégal en mars 2000, les nouvelles autorités du pays avaient cherché à remettre en question cette licence attribuée. Mais au terme de négociations menées sous l’égide de bonnes volontés notamment l’ambassade des Etats-Unis au Sénégal, un accord lui avait permis de continuer à opérer en toute légalité, sur la base de sa licence de 1998. (Cf. Document du 09 août 2002 de la Présidence du Sénégal : accord entre l’Etat du Sénégal et le Groupe Millicom International). Amère dans son constat, la multinationale souligne qu’aujourd’hui, l’Etat du Sénégal remet en cause cet accord, exigeant unilatéralement d’elle et de sa filiale Sentel, le règlement de 200 000 000 de dollars US (environ 100 milliards de francs) correspondant à la somme payée par le troisième opérateur en contrepartie d’une licence globale.

Pour conclure, l’opérateur de téléphonie mobile précise que le différend qui l’oppose à l’Etat du Sénégal est pendant entre le Tribunal Régional de Dakar et la Cour Internationale de Règlement des Différends en matière d’Investissements (CIRDI). Ce qui n’empêche aux deux parties de rechercher, entretemps, une solution négociée.

 


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