Péripéties et misères de mon retour Dakar-Nantes par la route
| Vous savez bien que je remonte régulièrement en France Mais là, au retour, je me suis offert une
série de petits enquiquinements Janine Jirou
|
Mes auto-stoppeurs obligatoires
Partie seulement le 14 Juillet, j'ai voulu vérifier sie passage était possible malgré quelques pluies par la piste de Diama.Ne voulant pas y rouler de nuit, j'ai choisi de dormir du côté sénégalais pour éviter lesmoustiques plus nombreux du côté mauritanien. Las! j'ai appris, le lendemain matin que le pont àpéage coutait 10.000cfa au lieu de 4000 .....depuis le 15 Juillet (tarif saison des pluies)... Bon, je passe!
A la frontière mauritanienne (photo), on me demande d'embarquer deux flics qui rentraient sur Nouakchott.
Ils avaient l'air conviviaux et sympathiques. Lescroyant bien informés j'accepte donc de tenter la piste de Tighent d'après eux facile et plus courte de35kms.Mais elle était barrée parce qu'impraticable.
Demi tour donc avec une confiance un peu ébranlée. Au bout de la piste de Diama, je voulais m'arrêter à Rosso pour y prendre mon assurance et déjeuner. Mes deux bonshommes ont fortement insisté pour que j'aillejusqu'à Nouakchott sans assurance(avec eux, je ne craignais rien s'pas!!) et que je déjeune à Tighentqui n'était pas loin et qui était plus convivial. "Tu y trouveras tout ce que tu veux".
Et puis, ils commencent à m'énerver ces deux là, avec leurs moqueries pour mon respect des limitations de vitesse : "ici ça n'est pas valable, tu peux rouler à 200 si tu veux. Et puis pourquoi mets tu ta ceinture de sécurité ? En Mauritanie ça n'est pas obligatoire, ça ne sert à rien!".
Bouffe
Tighen test encore loin: ils demandent à s'arrêter pour acheter à boire .....et commandent deux kilos de viande à
griller. Au bout de 25 minutes d'attente, je me fâche et les menace de poser leurs sacs à terre et de filer.Viande graisseuse en main dans un morceau de papier kraft, ils réintègrent la voiture de très mauvaise humeur. Je dis pour détendre l'atmosphère que chez nous, ce sont parfois les femmes qui commandent et ils me répondent qu'en Mauritanie aussi....ce qui ma foi est vrai en ce qui concerne les beïdanes. On rit.
Mais arrivés à Tighent vers 16 heures 30 on ne trouve qu'un resto où il n'y a rien et un autre fermé.Je manifeste ma mauvaise humeur mais bois quand même le cocaqu'ils m'offrent généreusement. L'un des deux nous quitte à l'entrée de Nouakchott, l'autre veut en faire autant quelques rues plus loin mais je le somme de me tenir compagnie jusqu'au premier bureau d'assurance ouvert.(il est 18 heures passées)Il obtempère mais au premier bureau trouvé, il me quitte sans même un merci. Ooouuuuf !!!!
Vacillante, sans un sou et sans papiers
Arrivée à l'auberge Menata sans problèmes, assoiffée, je bois bêtement 1litre et demi de coca lors d'une soirée amicale.Tout va bien, je suis juste déçue que mon attestation d'assurance française dont j'ai besoin à partir du Maroc n'aie pas été, comme promis par la Maïf, faxée chez Olivia mais on verra demain!
Le lendemain, je vois bien autre chose: au réveil, je ne tiens pas debout: j'ai l'impression d'avoir pris une cuite monumentale et je vacille. Un charmant petit belge nommé Pablo, me trimballe accrochée à son bras commes'il trainait sa grand mère.
Comme je n'ai pas voulu prendre des euros pour passer la frontière, je suis presquesans le sou et Pablo m'emmène jusqu'au distribanque: mais les deux distribanque de Nouakchott n'acceptent pas les mastercard, juste les visa : tant pis pour moi!
D'autre part le fax refuse toujours de recevoir mon attestation d'assurance.
Quelle toubab!! comme saoule, sans un rond et sans attestation d'assurance!! En plus il y a un vent de sable!
Mais c'est chez Olivia: deux touristes nantais m'emmènent chez le médecin et payent la consultation (le toubib n'a pas l'air inquiet .Sans doute un effet du coca!)Je fais un chèque à Olivia qui me donne des ouguiyas et je peux payer mes dettes .Je ne vacille plusqu'une autre journée, toujours soutenue par Pablo et je repars le surlendemain après avoir fait la bise à tout lemonde.
Je fais une petite halte de repos sur le bord de la route : erreur! mes deux roues gauches restent bien convenables mais les deux droites s'ensablent! C'est un détail,dix minutes plus tard, quatre braves types s'arrêtent pour me pousser et me rappeler qu'en Mauritanie, on ne fait pas que tuer les touristes.
Réhabilitation de bric et de broc
Fatiguée, je m'arrête à l'auberge de Boulanouar, jadis plutôt crasseuse mais assez conviviale. Elle utilise des bâtiments corrects construits pour ceux qui ont amené l'eau de Boulanouar à Nouadhibou! Hélas , devant le portail d'entrée de l'auberge on a laissé s'entasser plein de sable .... Mon fourgon s'ensable évidemment et ils mettent une heure à le tirer de là en jurant que c'est bien la dernière fois et qu'ils vont y mettre des pierres (c'était fait le lendemain matin)
C'est vrai que chaque chambre est climatisée et maintenant c'est propre mais pas très séduisant. On a repeint les murs, mais sans protéger par terre et les éclaboussures ont sali le linoléum.Ils ont posé de la moquette pour cacher les taches mais elle accroche sous lesportes qu'ils n'ont pas pensé à raboter.Pour entrer dans la salle d'eau il faut donc relever la moquette et laisser la porte ouverte. Devant la ported'entrée, ils ont carrément coupé un grand triangle pour permettre l'ouverture de la porte...et la vue sur les taches de peinture.Il y a une petite télé dans chaque hambre mais ils ont oublié d'enlever des étiquettes qui obstruent le quart de l'écran et maintenant que la colle est à moitié fondue, essaie donc de les enlever....
Les bâtiments sont construits en U . Pour parachever leur "réhabilitation", ils ont couvert cet espace d'une toiture en tôle d'au moins 100 m² et l'ont fermé d'un mur en tôle également.alors qu'il y a dans ce pays de si belles toiles de tente et ici tant d'eau qu'une haie de bougainvilliers pouvait fermer cet espace de façon si agréable! Quel gâchis!!
Ventre vide
Ce n'eut été rien que raison de rire s'il y avait eu de quoi dîner, mais il n'y avait rien!
Et je perds toute envie de rire le lendemain quand on me facture à un prix exorbitant le gardiennage de la voiture
dans la cour fermée de l'auberge! Ceci dit, ce nouveau gérant incapable est fort empresséet souriant.
Je passe au Maroc et fais une halte très agréable au camping Moussafir, avec une invitation à un barbecue.ça
arrive!
Le lendemain je repars gaiement. Le soir, je m'arrête à Afkenir à l'auberge de pêche d'Yves Sicart qui a très bonne réputation.Les locaux sont avenants mais je n'y trouve qu'un gamin de 15 ans qui dit "je vais chercher le patron" et disparait pendant plusd'une heure.
Je me débrouille toute seule pour trouverdes toilettes dans une salle d'eau manifestement privée. Le "patron" qui arrive est un marocain de 20 à 25 ans fort peu aimable. Là non plus, rien à diner : il consent à me faire un café au lait et me gratifie d'une toute petite chambre avec un petit lit et aucun équipement. Dans la salle d'eau du palier, pas d'eau chaude. Où diable est donc Yves Sicart?
Le lendemain c'est pire
Je m'arrête à El Kelaa des shaarna.Au dessus d'un restaurant de la ville qui a l'air correct et où on m'assure que le parking est gardé,il y a un hôtel.Il faut payer la nuit avant d'être "introduit". Je comprends pourquoi. Au bout d'un interminable couloir, j'ai une chambre sans fenêtre "fermable", nantie d'un lavabo et d'un reste de bidet cassé. Je découvre les toilettes (sans papier bien sur) mais ne trouve pas de douche. Le lendemain, il n'y a aucun personnel visible et je ne peux même pas pleurer qu'on m'a volé dans le fourgon mon sac de colliers destiné aux cadeaux et mon appareil photo numérique... Bof,
J'arrive près de Beni Mellal chez ma soeur. là tous mes ennuis doivent être finis! Eh ben non!
A Tanger (photo) où j'arrive deux jours après vers 19 heures on me vend un billet pour le prochain bateau. Hélas il y a tant de monde que les formalités accomplies,mon bateau est parti. En principe il y en a un à minuit mais justement , pour on ne sait quelle raison ce bateau n'arrive pas et je ne l'aurai pas avant 10 heures le lendemain matin, après une nuit passée sur le port.
Arrivée tranquille à Algésiras. Seul souci, le bureau de douane qui doit viser mon carnet ATA ne fonctionne plus
l'après midi depuis le 23 Juillet.Dommage, on est le 24!
Voilà, c'est fini , je suis redevenue une toubab à peu près normale et ma vie n'est qu'un long fleuve tranquille.
Et dire que je suis une spécialiste de ce trajet avec même un site pour infos et conseils!!
- Le blog de janinejirou
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires
Manque de bol ?
bien Janine, j'admire ton
bien Janine, j'admire ton courage et tu penses resdendre en voiture bientôt ?
Repose toi avant car ce parcours doit être épuisant, bon WK
Du Janine tout craché,
Du Janine tout craché, vivant et plein d'humour pour raconter des galères.
Je crois que l'on va s'amuser! Bises.
Chapeau janine
bgor
ça faisait un moment que je lisais sur Janine et là je dis Chapeau bas Madame! Faire ce trajet dans ces conditions, purée, il faut oser! J'adore lire ce genre d'aventures et celle-ci en est une belle. Il ne vous en restera bientôt que de bons souvenirs! Bravo!
version feminine
tu es henri de monfreid version feminine.
henri de monfreid- une vie d' aventures
Il faut croire Henry de Monfreid lorsqu'il dit " L'aventure, j'ai toujours cherché à l'éviter".
Et pourtant, qu'elle n'a pas été sa vie !
le bon week-end
pour équilibrer le sujet
J'ai fait un aller retour Casa- Saly du 20/7 au 10/8, ce n'est pas le premier, ce que je peux dire c'est que le choix des étapes est déterminant, au Maroc: Tiznit (Hotel La Fontaine 200 dh douche wc lavabo clim) Boujdor (nouvel hotel route de Laayoune 300 dh luxe) Dakhla (Sahara Régency le luxe 600 dh bain wc lavabo) Nouhadibou (je sais y aller je n'ai plus le nom 10000 UM à côté Pizza Hot, j'ai bien dit "Hot") Nouakchott (Hotel Al Amine, cher mais sympa, changeur devant la porte ou Auberge vers Hotel Sahara 20000 Um avec Pdj et repas de soir) au sénégal une belle étape à St Louis (Hotel La Louisiane 30000 Cfa, très bel établissement. Pour les repas au Maroc et en Mauritanie (chèvre, mouton ou chameau) les grillades du bord de route son parfaites pour pas cher, à Nouhadibou et nouakchott on trouve de bonnes pizza. J'allais oublier, nous étions trois dont une petite Lina d'un an (née à Dakar en aôut 2007) qui à déja fait un aller vers le Maroc en Février.
Pour les quémendeurs de toute sorte, une seule solution les écarter sans laisser la place au doute (pour eux), je veux parler à Rosso des laveurs et gardiens de voiture, des "courtiers", par contre le change cfa/UM et bon, ça évite le distrib etc... on m'a aussi demandé un trajet sur Nouakchott, refus catégorique quel que soit la qualité du demandeur, les douaniers mauritaniens très lourds mais quand on ne comprend pas, on ne comprend pas, les marocains un peut longs aussi, mais que faire attendre seulement. Pour la piste de Diama, empruntée en février il convient de bien se renseigner avant de choisir (gendarme mauritanien, station service à Rosso, libanais en route pour DK rencontrés à Bir Guendouz (frontière Maroc/Mauritanie) leur avis m'a déconseillé fortement Diama en juillet/août, visiblement c'était un bon conseil. Concernant l'Auberge de Boulanouar un forumiste lu je ne sais plus ou la déconseillait totalement, donc j'ai évité pour dormir à Nouhadibou, 60 km de plus mais bonne étape.
J'oubliais aussi de préciser qu'au retour j'ai traversé Nouakchott le jour du coup d'état, vu beaucoup de militaires en armes, mais pas de danger, les rues étaient vides il était 14 h, j'ai poursuivi ma route vers le nord.
Pour les Hotels, toujours demander à voir la chambre avant de s'engager, valable pour le monde entier d'ailleurs, en cas de refus aller voir ailleurs.
Donc globalement rien que du bonheur, sauf le radar marocain en plein désert avec 20 dh et une bouteille d'eau ça c'est arrangé.
Je ne souhaite pas engager de polémique, ce post est là juste pour donner un autre éclairage, j'avais déjà tenté il y à quelques mois, sur sénégalaisement.com de tranquiliser des intervenants inquiets par le trajet, sans succés, les gens aiment bien se faire peur, j'ai donc retiré mes posts...
Bonne route à tous, je peux donner plus de renseignements sur demande, je recommence en novembre, inch'allah
que du bonheur!!!
Ben oui moi aussi que du bonheur pour 16 voyages sur 18......
J'ai bien l'intention de continuer
C'est pour quand le bouquin ?
Coucou Janine !
En te lisant, c'est comme si tu étais devant moi ! Quel talent pour raconter des emm ... avec autant d'humour. Excuse-moi, mais j'ai été plié de rire. Pourtant cela n'a pas dû être très drôle sur le moment. C'est pour quand le bouquin. "Les tribulations d'une nantaise en Afrique". Hihi ! Je suis sûr que cela serait un best seller.
Oui, c'est sûr que tu as été maraboutée. Tes auto-stoppeurs, tu es sure que c'était des flis ? Tu ne leur as pas demandé leurs papiers ? "Vacillante" ... hum ... peut-être il y avait-il du rhum dans la bouteille de Coca. Oups !
Enfin, tu repars bientôt. Tu me sidères ! Et avec Ndar !!! Je crois que le voyage ne va pas être triste. Sans doute aurai-je le compte rendu en live, puisque je suis là-bas en octobre et novembre (en principe). Et en plus, pas loin de chez toi cette fois.
Gros bisous à toi et à très bientôt j'espère.
que du bonheur
C'est ce qui compte en final !
je t'ai lu avec ta voix ! tes yeux étaient mes yeux ! Tom a raison, tu devrais écrire !
A la fin de la lecture, j'ai pensé : "c'est pas ça qui va l'arrêter!
Bisous Janine!